
La fameuse étape dite des « Strade Bianche« . Pas de demi-mesure cette année : près de 30 km de chemins blancs sont concentrés dans les 65 derniers kilomètres de course. Les coureurs emprunteront des secteurs emblématiques de la classique, dont le redoutable San Martino in Grania. L’arrivée sera jugée sur la Piazza del Campo, après un passage par désormais célèbre Via Santa Caterina.
Le Parcours
Il n’y aura qu’un seul élément notable sur les 100 premiers kilomètres de course, la première ascension répertoriée de la journée.

Les choses sérieuses débuteront à la sortie de San Giovanni d’Asso, après 112 kilomètres de course. Les coureurs devront alors négocier le premier des cinq secteurs de chemins blancs : Pieve a Salti. Bien connu de ceux ayant déjà disputé les Strade Bianche, ce secteur correspond au sixième de la classique italienne. Il s’agit d’une portion de 8 km comprenant deux ascensions et deux descentes.

Cinq kilomètres seulement après la fin du premier secteur, les coureurs devront aborder le second : le secteur de Serravalle, également connu comme le septième secteur des Strade Bianche. Il débute par une côte de 2.5 km à 3.5 %, suivie d’une courte descente. Le reste du secteur est relativement plat.

À peine le temps de souffler que les coureurs devront enchaîner avec le troisième secteur. Il s’agira du plus difficile de la journée : San Martino in Grania, un secteur classé 5 étoiles sur les Strade Bianche.

À la sortie du secteur, la route restera légèrement vallonnée, mais les coureurs retrouveront un revêtement classique. Du moins jusqu’au kilomètre 160 et l’entrée sur le secteur de Monteaperti. Le plus court de la journée, mais comportant des rampes à deux chiffres.

Il ne leur restera alors plus qu’à se diriger vers le dernier secteur de la journée, qui est aussi l’avant-dernier des Strade Bianche : Colle Pinzuto. Un secteur difficile, composé de plusieurs côtes, dont la première affiche des pourcentages supérieurs à 10 %.

La route restera vallonnée jusqu’à l’entrée dans Sienne, où les 7 derniers kilomètres de course sont calqués sur ceux des Strade Bianche.
Les Derniers Kilomètres
Entre 5 et 1.7 kilomètres de l’arrivée, la route sera en descente. La route va ensuite commencer à s’élever légèrement avec l’entrée dans la ville.
Après avoir franchi la Porta di Fontebranda et être entrés dans le dernier kilomètre, la route s’élèvera davantage et sera pavée. Les coureurs prendront ensuite à gauche la via Santa Caterina.

Cette fameuse rue étroite, un véritable mur, contribue à la renommée du final à Sienne. Une côte de 250 mètres avec une pente moyenne de plus de 12 %, atteignant un pic de 16 % au sommet de la Santa Caterina. Arrivés en haut, les coureurs effectueront un virage serré sur la droite.


Aux 300 mètres, la route commencera à descendre. Le dernier virage serré à droite surviendra à 120 mètres de la ligne, conduisant à une descente avec une pente moyenne de 7 % jusqu’à la Piazza del Campo et l’arrivée.

Météo
Des températures autour de 20°C et un vent faible en provenance de l’ouest, de face sur la majeure partie de l’étape.
De la pluie est prévue sur le parcours jusqu’à environ 14h. Les coureurs devraient passer au travers des gouttes, mais pourraient trouver des routes encore humides.
Le Scenario
Peut-être l’étape de tous les dangers pour les hommes visant le général. Les moins à l’aise sur les chemins blancs ne passeront sans doute pas une bonne journée, d’autant que les risques de problèmes mécaniques seront accrus.
Lors des deux dernières fois où les chemins blancs ont été empruntés sur le Giro, l’échappée est allée au bout (victoire de Schmid en 2021 et de Sanchez en 2024). Avec près de 30 km de Strade Bianche dans les 70 derniers kilomètres, nous devrions être plus proches de la configuration de 2021 que de celle de 2024. Parmi les équipes qui auront un intérêt à rouler, Q36.5 semble être la première. Elle aura cependant besoin de soutien, et mis à part Astana, qui pourrait vouloir défendre le maillot rose, pas certain que d’autres formations viennent prêter main-forte. Peut-être INEOS, mais s’ils tardent trop, les fuyards pourraient déjà avoir creusé un écart trop important.
On peut s’attendre à quelques écarts entre les principaux leaders, même si je pense que l’échappée aura suffisamment d’avance pour résister au retour du peloton des favoris.
Les Prétendants

Ancien vainqueur des Strade Bianche, deuxième cette année, et fort de son bagage en VTT et en cyclo-cross, Pidcock semble tout indiqué pour endosser le rôle de favori à la victoire demain. Il sera malgré tout dépendant du travail de ses adversaires pour chasser l’échappée. Q36.5 n’aura pas les moyens de contrôler seule, et rien ne garantit que Pidcock sera autorisé à prendre de l’avance au général.

Du côté des prétendants au top 10 du général, Bernal est peut-être celui qui attend le plus cette étape. Lui aussi possède un solide passé en VTT, mais surtout de vraies références sur ce type de terrain. Troisième des Strade Bianche en 2021, il avait également été le meilleur des leaders lors de l’étape de Montalcino cette même année. Le Colombien semble en excellente forme, et il aurait tout intérêt à profiter d’un profil qui lui convient parfaitement pour mettre ses adversaires sous pression.

Si, avant le départ, Van Aert apparaissait comme l’un des grands favoris pour cette étape, la forme ne semble pas là pour le moment. Je ne pense pas qu’il se soit réservé spécifiquement pour cette étape, il n’a tout simplement pas impressionné depuis ce début de Giro.

Pas de Vacek sur la 8e étape, mais une nouvelle occasion va se présenter à lui demain. Le talent n’est absolument pas remis en doute, il en a fait la démonstration tout au long de cette première semaine. Mais sera-t-il en mesure de jouer la victoire sur les routes des Strade Bianche, une course qu’il n’a pas terminée lors de ses deux tentatives ? Il n’y aura que 2 700 m de dénivelé positif demain, contre 3 700 sur les Strade Bianche. Cela restera normalement dans ses cordes. On pourrait aussi imaginer que tout le monde soit invité à jouer groupé autour de Ciccone sur une étape aussi piégeuse.

Après la belle démonstration de Double sur la 7e étape, Plapp a signé une grosse performance sur la 8e en s’imposant au terme d’un solo de 45 kilomètres. Dans cette équipe, un homme a toujours placé les Strade Bianche en haut de sa liste : Zana. J’ai cependant quelques doutes sur son état de forme actuel, tant il m’a semblé en retrait les rares fois où il s’est montré à l’avant.

Comment va rouler Astana demain ? Il semble difficile d’imaginer qu’ils puissent conserver le maillot rose, encore moins en contrôlant l’échappée tout en laissant une opportunité aux leaders de jouer l’étape. Je pense qu’ils continueront d’aborder ce Giro comme ils le font depuis le début : en attaquant. Peut-être avec Scaroni, s’il est remis de sa chute.

Demain doit être l’une de ces fameuses occasions où Bilbao aura l’opportunité de jouer sa carte. En quatre participations aux Strade Bianche, l’Espagnol a terminé à chaque fois dans le top 10. C’est un tracé spécifique qu’il connaît et qu’il apprécie particulièrement. Loin au général, il ne sera pas vu comme une menace.
Mes Choix
Comme je l’ai dit, j’ai tendance à penser que, cette fois encore, l’échappée se jouera la victoire, comme lors des dernières étapes sur ces routes. J’élimine donc Pidcock de la course à la victoire, car trop proche au général pour être autorisé à sortir. Une étape assez difficile à lire, mais je vais tout de même faire de Bilbao mon favori pour demain.



