

Le Tour entre dans sa dernière ligne droite avec cette étape en haute montagne dans les Alpes du Sud, aux abords de la frontière italienne. Trois ascensions où le peloton passera la barre des 2 000 m d’altitude, dont la Cime de la Bonette culminant à 2 800 mètres, et un final au sommet d’Isola 2000. Une étape assez courte qui affichera tout de même 4 400 m de dénivelé positif. ‘Un tappone‘, comme on dit en italien.
Le Parcours

Les 20 premiers kilomètres ne présenteront pas de difficultés, mais les choses vont très vite se corser une fois passé le sprint intermédiaire.
COL DE VARS
- 18.8 km à 5.7 %

La descente du col de Vars, longue de 10 kilomètres, fera ensuite place à une portion de 12 kilomètres en faux-plat descendant, jusqu’à Jausiers au kilomètre 63.
CIME DE LA BONETTE
- 22.9 km à 6.9 %
- Sommet du Tour, culminant à 2 800 m d’altitude
- Sommet à 57 km de l’arrivée
La descente sera longue de 25 kilomètres, et technique dans sa première partie.

Une fois la descente terminée, il restera une portion d’une quinzaine de kilomètres en faux-plat descendant jusqu’à Isola. Débutera alors la dernière ascension du jour.
ISOLA 2000
- 16.1 km à 7.1 %
Météo
Il fera chaud demain, avec des températures avoisinant les 30°. Le vent soufflera d’abord en provenance du sud-ouest avant de changer et de venir de l’ouest à une vitesse proche des 20 km/h. Avec ce vent plutôt favorable dans la deuxième moitié de l’étape, l’ascension vers Isola 2000 promet d’être extrêmement rapide.
Le Scenario
Visma et Jonas ont encaissé plusieurs coups durs, mais ils n’ont pas décidé de rendre les armes. Nous entrons maintenant dans le territoire de Jonas, celui qui lui a déjà permis de mettre Pogacar en difficulté.
Ils ont déjà tenté leur chance lors de l’étape du Plateau de Beille, sans succès, car Pogacar était bien au-dessus de Jonas. Le Danois ne se soucie pas de terminer 2e ou 3e du Tour, et il est fort probable que demain, Visma applique à nouveau cette même stratégie : imprimer un rythme très soutenu tout au long de l’étape pour la rendre la plus difficile et énergivore possible.
Je n’ai pas beaucoup d’espoir quant aux chances des échappés demain.
Les prétendants

À aucun moment Pogacar n’a été mis en difficulté lors de ces 18 premiers jours de course. Il domine ce Tour de la tête et des épaules, et il n’y a pas de raisons apparentes pour que cela change. La haute altitude, la chaleur et les étapes à fort coût énergétique semblaient être ses faiblesses auparavant. Ce Tour a prouvé que ce n’est plus du tout le cas. Il reste l’hypothèse d’un coup de moins bien à cause de l’enchaînement Giro/Tour, mais j’y crois assez peu. Son équipe est au-dessus de la concurrence, tout comme lui.

Malgré sa préparation tronquée, il est indéniable que Vingegaard évolue à un niveau extraordinaire. Malheureusement pour lui, c’est aussi le cas pour Pogacar, qui semble encore plus fort que jamais. Contrairement aux années précédentes, jamais le Danois n’a réussi à le sortir de sa roue. Pire, c’est souvent lui qui peine à suivre. Il l’a dit et répété, la deuxième place ne l’intéresse pas. Nous pouvons donc aisément en déduire que Visma tentera tout lors des deux prochaines étapes afin d’être au plus proche de Pogacar avant le chrono.
Concernant son coup de moins bien sur la 17e étape, je n’irais pas surinterpréter ce qu’il s’est passé. Vingegaard a effectivement perdu une poignée de secondes sur Evenepoel, mais le terrain était clairement à l’avantage d’Evenepoel. Pour peu que le Danois ait en plus eu une journée sans, ces 12 secondes sont loin d’être catastrophiques. Je ne pense pas qu’elles soient même annonciatrices de ce que nous verrons demain, où j’attends un Vingegaard plus fringant lorsque son équipe jettera toutes ses forces dans la bataille dès la première ascension. Malheureusement pour lui, cette stratégie pourrait de nouveau être vouée à l’échec.

Troisième homme de ce Tour et de loin, Evenepoel se trouve désormais assez loin de Pogacar. Aussi fort qu’il soit, il y a toujours un fossé entre lui et le Slovène, ainsi qu’avec Vingegaard. Après 18 jours, le jeune prodige ne semble pas encore avoir connu de mauvaise journée. Mieux, il semble toujours aussi fringant. Il devrait de nouveau être le troisième homme demain. S’il avait dû montrer des signes de faiblesse, je pense que nous les aurions déjà vus lors de l’étape du Plateau de Beille. Un jour sans peut toujours arriver, mais avec ce qu’il a montré jusqu’ici, impossible à anticiper. Je crains aussi qu’il ne puisse suivre le rythme (au moins de Pogacar, peut-être de Vingegaard) dans la descente de la Bonnette, longue et sinueuse surtout dans sa première partie.
Mes Choix
Je pense que la logique du Tour sera respectée demain. Pogacar est un ton au-dessus et je ne le vois pas faiblir. Visma tentera le tout pour le tout, en faisant exploser la course dans la Bonette. Avant cela, ils auront déjà imprimé un gros rythme dans le col de Vars, empêchant les échappés de prendre du champs. Il est fort probable qu’avant le départ du Tour, cette étape en particulier ait été cochée pour mettre ce plan à exécution. Il est évident que Vingegaard est en dessous de Pogacar, mais Visma n’a pas pour habitude de changer ses plans et, surtout, cela sera très probablement leur dernière carte à jouer.
La question que je me pose est de savoir s’ils voudront lancer directement Vingegaard ou bien garder Jorgenson avec lui pour le début d’Isola 2000 ? Il n’y a pas de vallée entre le pied de la descente de la Bonette et le début de la dernière ascension, et le vent sera favorable. C’est un pari très risqué, mais pourquoi pas. Enfin, Evenepoel sera de nouveau le troisième homme de ce Tour. Trop difficile de suivre les deux devant, mais bien assez fort pour compléter le podium de l’étape. Même s’il venait à être repris par le groupe derrière dans la descente, il sera assez fort pour s’isoler de nouveau dans Isola 2000.
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Départ