Amstel Gold Race 2024
Ce dimanche 14 avril aura lieu la 58e édition de l’Amstel Gold Race. La période des flandriennes ayant touché à sa fin, la course néerlandaise va ouvrir le bal du triptyque Ardennais : une semaine de course entre Pays – Bas et Belgique avec en point d’orgue Liège – Bastogne – Liège une semaine plus tard.
Après une édition 2021 particulière sur circuit, 2022 a vu le retour d’un parcours plus « classique » de l’Amstel Gold Race. Cette édition 2024 sera identique à celle de 2023.
253 kilomètres pour près de 3 300 m de dénivelé positif et 33 côtes répertoriées. Les puncheurs / grimpeurs vont pouvoir entrer en scène.
Le Parcours

Un parcours vallonné identique à celui proposé l’année dernière, que l’on peut décomposer en 4 temps.
| Côte | Distance (pente moyenne) | Placement |
| Maasberg | 500 m (4.5 %) | km 12.3 |
| Adsteeg | 500 m (4.8 %) | km 32.1 |
| Bergseweg | 2 300 m (3.6 %) | km 49.1 |
| Korenweg | 1 500 m (3.2 %) | km 51.6 |
| Nijswillerweg | 1 000 m (3.5 %) | km 57 |
| Rijksweg | 2 000 m (4 %) | km 67 |
La seconde partie du parcours est aussi la plus longue. C’est la boucle qui comportera le plus de côtes, avec pas moins de 15 ascensions répertoriées le long de ces 100 kilomètres. Cette boucle verra aussi le premier passage au sommet du Cauberg ainsi que le premier passage sur la ligne, à un peu moins de 80 km de l’arrivée.
| Côte | Distance (pente moyenne) | Placement |
| Wolfsberg | 1 100 m (2.6 %) | km 86.3 |
| Loorberg | 1 400 m (5.2 %) | km 89.5 |
| Schweibergerweg | 2 300 m (4.5 %) | km 102 |
| Camerig | 3 700 m (4 %) | km 109.6 |
| Drielandenpunt | 2 400 m (5.3 %) | km 120.1 |
| Gemmenich | 800 m (6.6 %) | km 123.1 |
| Epenerbaan | 1 400 m (5.4 %) | km 128.5 |
| Eperheide | 2 300 m (4.6 %) | km 135.7 |
| Gulpenerberg | 400 m (11 %) | km 143.7 |
| Plettenberg | 1 000 m (4.3 %) | km 147.5 |
| Eyserweg | 1 700 m (5.1 %) | km 151.1 |
| St.Remigiusstraat | 1 000 m (7.7 %) | km 154.5 |
| Vrakelberg | 500 m (8.8 %) | km 160 |
| Sibbergrubbe | 1 500 m (4.6 %) | km 168 |
| Cauberg | 800 m (7.5 %) | km 171.5 |
Après avoir passé une première fois la ligne d’arrivée, il restera encore près de 80 kilomètres à parcourir. Les coureurs entreront alors sur le troisième circuit qui marque l’entrée dans la partie décisive de l’épreuve. 10 côtes répertoriées sur cette section de 62 kilomètres.

| Côte | Distance (pente moyenne) | Placement |
| Geulhemmerberg | 900 m (6.2 %) | km 176 |
| Keederberg | 1 600 m (4 %) | km 184 |
| Bemelerberg | 900 m (5 %) | km 188.5 |
| Loorberg | 1 400 m (5.2 %) | km 202.1 |
| Gulperberg | 1 000 m (5.2 %) | km 208.7 |
| Kruisberg | 700 m (8.4 %) | km 213.4 |
| Eyserbosweg | 900 m (9.1 %) | km 215.6 |
| Fromberg | 1 200 m (4.6 %) | km 220 |
| Keutenberg | 1 600 m (5.3 %) | km 225.3 |
| Cauberg | 800 m (7.4 %) | km 234.1 |
Cette portion est la portion clé de la course, là où les mouvements décisifs devraient se faire. Attention en particulier à l’enchaînement de côtes entre le Gulperberg (à 45 km de l’arrivée) et le dernier passage du Cauberg (à 19.5 km de l’arrivée).
Les routes seront étroites et les côtes raides, le Kruisberg et le Eyserbosweg en particulier.




Même en dehors des côtes elles-mêmes les routes resteront souvent étroites, ce qui n’aidera pas à chasser. Il faut tout de même noter qu’à compter de ce moment là, le peloton sera extrêmement réduit. Placé à moins de 30 km de l’arrivée, le Keutenberg sera aussi un beau terrain de jeu pour ceux désirant faire exploser la course.


Lieu d’arrivée de la course au début des années 2000, le Cauberg a perdu son statut de juge de paix au fur et à mesure, jusqu’à son retrait du final de la course en 2017. Depuis cette date, le dernier passage au sommet du Cauberg est situé à 19 kilomètres de l’arrivée.


Un nouveau passage sur la ligne à 16 kilomètres de l’arrivée marquera l’entrée sur le circuit final. Il restera deux côtes à franchir.

| Côte | Distance (pente moyenne) | Placement |
| Geulhemmerberg | 900 m (6.2 %) | km 238.5 |
| Bemelerberg | 900 m (5 %) | km 248.4 |
L’arrivée reste la même au terme d’une ligne droite longue de près d’une kilomètre à Berg en Terblijt.
Météo
Temps sec et températures autour des 15°C. Au fur et à mesure que les jours passent, les prévisions annoncent un vent qui faibli. Il soufflerait en provenance de l’ouest à une vitesse de 15km/h.
Un vent favorable dans le Gulperberg, puis de côté dans l’enchaînement Kruisberg / Eyserbosweg. Il soufflera de trois quart face dans le Keutenberg et le Cauberg. Enfin, il soufflera de face sur la dernière ligne droite, élément important à prendre en compte en cas de sprint en petit comité.
Le Scenario
L’Amstel est une course où le placement est primordial en permanence en raison de l’étroitesse de ses routes. Alpecin possède l’équipe pour entourer Van der Poel, je ne vais plus sous-estimer leur force désormais. L’Amstel marque le début du triptyque ardennais, avec cette course à domicile pour Van der Poel.
Avec le maillot de champion du monde sur le dos, nul doute que Mathieu aura à cœur de briller. Alpecin devrait donc contrôler au maximum et commencer à créer elle-même l’écrémage pour se faciliter la tâche. On se souvient de l’anecdote de Pogacar l’année passée, qui avait révélé que Van der Poel lui avait conseillé d’attaquer dans le Keutenberg car c’était la plus adaptée à ses qualités.
Ce qui est vrai pour Pogacar ne l’est pas pour Van der Poel, beaucoup plus efficace sur des côtes pentues de quelques hectomètres. Pour mettre son champion dans les meilleures dispositions, Alpecin devrait durcir la course tôt pour s’assurer que le peloton soit assez réduit dans les 45 derniers kilomètres. Une distance qui semble désormais acceptable pour tenter de partir en solo, mais surtout l’endroit où sont placées les trois côtes qui profiteront le plus au champion du monde : le Gulperberg, le Kruisberg et l’Eyserbosweg.
Les Prétendants

Au-delà de Van der Poel, c’est toute l’équipe Alpecin qui a semblé injouable sur Paris–Roubaix (en plus du Ronde). Changement de décors avec le début de la campagne ardennaise, est-ce que le résultat sera le même ? Avec la forme affichée dernièrement et la sur-domination collective, difficile de ne pas placer Van der Poel comme le grand favori de l’Amstel dimanche. Nous l’avons vu lors de ses 3 victoires cette saison, le Néerlandais est injouable lorsqu’il décide de partir dans de longs raids solitaires. En tout cas, aucun flandrien ne semblait en mesure de jouer à armes égales avec lui. Il a pris deux fois le départ de cette course, pour une victoire et une quatrième place, un parcours qui lui convient évidemment. L’équipe comptera aussi sur Laurance et Hermans qu’on a pu voir particulièrement à leur avantage sur la Flèche Brabançonne, ainsi que Kragh Andersen. Trois hommes qui pourraient être utilisés comme des solutions offensives pour permettre à Van der Poel de s’économiser, à moins qu’il ne décide lui-même de tout allumer avec un solo dont il a le secret.

Pas de Pogacar cette année, mais UAE se présente avec une équipe très intéressante. De beaux noms alignés mais qui pourraient manquer un peu d’expérience : mis à part Hirschi, aucun des autres n’a déjà pris part, ou terminé, l’Amstel. Après une très bonne fin de saison 2023, le Suisse semble un peu performant par intermittence, mais capable de bons résultats (Drôme Classic et Milan–Turin). Il s’est aussi montré dans le final de la Flèche Brabançonne. Avec McNulty et Ayuso, l’équipe va disposer d’une belle force de frappe à laquelle il faut ajouter Fisher–Black et la révélation Christen qui enchaîne les belles prestations depuis le mois de mars. Sans clair leader sur la course, l’équipe pourra se permettre d’être offensive et de placer au moins un homme à chaque échelon de la course, autant que possible.

Ben Healy semble avoir fait de l’Amstel Gold Race son premier gros objectif de la saison, ce qui n’est pas surprenant étant donné ses performances impressionnantes dans des courses similaires par le passé. Son historique solide sur des courses comme la Flèche Brabançonne et l’Amstel, ainsi que sa quatrième place à Liège-Bastogne-Liège l’année dernière, montrent qu’il excelle dans ce type de parcours. Sa récente performance sur le Tour du Pays de la Loire indique également qu’il est en forme, ce qui est encourageant pour ses ambitions sur l’Amstel. Son manque de pointe de vitesse pourrait être un inconvénient sur une course comme celle-ci, mais il compense cela avec un bon punch et d’excellentes qualités de rouleur. Il semble condamner à arriver seul s’il veut espérer s’imposer.

Schachmann semble être en excellente forme récemment, comme en témoignent ses performances impressionnantes lors de l’Itzulia. Cette série de résultats prometteurs est un signe encourageant avant le début des classiques ardennaises. En effet, l’allemand n’avait pas semblé aussi fort depuis un certain temps, ce qui est un excellent présage pour la suite de la saison. En se référant à son excellente année 2019, on peut constater que Schachmann avait réussi à se classer parmi les cinq premiers de toutes les classiques ardennaises. Même en 2021, il avait réussi à terminer dans le top 10 sur les 3 courses. Ainsi, avec son retour à un niveau de forme très intéressant et sur des parcours qu’il apprécie particulièrement, Schachmann pourrait bien être un sérieux prétendant au podium dès dimanche.

Van Gils a connu un excellent début de saison, mais sa dynamique a été interrompue par une chute sur le Tour de Catalogne. Son retour à la compétition s’est néanmoins bien déroulé lors du GP Miguel Indurain, où il était en bonne position pour remporter la course avant de connaître des difficultés dans la dernière descente. Ses qualités de puncheur et de grimpeur en font un coureur parfaitement adapté aux profils proposés par les courses ardennaises. Ses performances passées, comme sa 7e place sur l’Amstel Gold Race 2023 et sa 11e place sur Liège-Bastogne-Liège 2023, attestent de son potentiel sur ce type de parcours. Cette année, il semble avoir encore franchi un cap, ce qui laisse présager qu’il sera encore plus présent à l’avant lors des prochaines courses ardennaises.

Cosnefroy réalise indéniablement l’un des meilleurs débuts de saison de sa carrière. Avec déjà trois victoires à son actif depuis février, dont une belle victoire sur « sa » course, la Flèche Brabançonne, il aborde cette campagne des Ardennaises dans les meilleures conditions. Sa performance mémorable sur l’Amstel Gold Race 2022, où il avait terminé deuxième derrière Kwiatkowski à la photo finish, lui laisse une revanche à prendre sur cette course.

Le début de saison de Skjelmose est particulièrement remarquable. Sa quatrième place à Paris-Nice, avec une victoire d’étape, ainsi que sa troisième place au classement général de l’Itzulia, démontrent sa bonne forme. Ses performances passées, comme sa huitième place à l’Amstel Gold Race 2023, suivie d’une deuxième place à la Flèche Wallonne et d’une neuvième place à Liège-Bastogne-Liège, indiquent qu’il est bien adapté à ces courses. Avec une forme solide et moins de jours de course dans les jambes qu’en 2023, il pourrait bien figurer dans le top 5 de l’Amstel cette année.

Matthews est l’auteur d’une saison impressionnante jusqu’à présent ! Ses performances solides, notamment sa deuxième place à Milan-Sanremo, sa troisième place (avant le reclassement) au Tour des Flandres et sa huitième place à la Flèche Brabançonne, montrent qu’il est en grande forme. L’Amstel Gold Race est une course où il a souvent brillé par le passé, avec cinq top 10 en neuf participations, y compris un podium en 2015. S’il y a une année où il semble en mesure de ramener un aussi bon résultat, c’est certainement cette année.

La participation de Pidcock à Paris-Roubaix était assez inattendue après sa chute lors de la reconnaissance du contre-la-montre de l’Itzulia. Sans immense surprise, le britannique n’a pas pesé sur la course, terminant à la 17e place. Deuxième (premier ?) en 2021 et 3e l’année dernière, c’est une course sur laquelle il performe. Il était tombé sur plus fort que lui l’année passée avec Pogacar et Healy, et s’était certainement mis trop dans le rouge en voulant suivre à tout prix le slovène. Lorsque Van der Poel va accélérer, est-ce qu’il sera en mesure de le suivre ?
Mes Choix
On ne change pas une tactique qui gagne : victoire en solitaire de Van der Poel dimanche. La startlist nous offre de beaux concurrents, mais malheureusement aucun ne semble en mesure de rivaliser à la pédale avec le néerlandais, dans une forme incroyable. Je l’imagine décoller dans l’enchaînement Gulperberg – Kruisberg – Eyserbosweg, décrochant ses rivaux un à un, et ne pas être revu.
Pour le podium , Van Gils et Skjelmose sont deux noms qui me plaisent beaucoup.
