Omloop Het Nieuwsblad 2024 – Preview

Présentation de la Course

omloophetnieuwsblad©

Ouverture de la saison des Classiques par le traditionnel Omloop Het Nieuwsblad. 79ème édition de cette classique pavée, qui verra les coureurs s’élancer pour un parcours exigeant de 202 km entre Gent et Ninove. Cette édition 2024 sera quasiment identique à celle de l’année passée, à quelques exceptions près sur les 70 premiers kilomètres. Le Molenberg sera donc toujours présent et la ligne d’arrivée conservée dans la Elisabethlaan.

Cette année, ce sont 12 Monts et 9 secteurs pavés qui attendent le peloton et ce fameux enchaînement Mur de Grammont / Bosberg en juge de paix dans le final. Voici la Preview de l’Omloop Het Nieuwsblad 2024.


Le Parcours

Peu de choses à noter sur les 100 premiers kilomètres de course où les difficultés ne seront pas outrancières. Deux secteurs pavés et un mont sur cette première moitié de course.

Nom du secteurTypeDistance (pente moyenne)Placement
HaaghoekSecteur Pavé2 000 mkm 36.4
LebergMont Asphalté950 m (4.2 %)km 39.4
Lange MunteSecteur Pavé2 500 mkm 88.1

Passée la mi-course, les choses sérieuses commenceront réellement avec des enchaînements de Monts et de secteurs pavés plus rapprochés les uns des autres. Trois secteurs pavés et quatre monts répertoriés sur seulement 35 kilomètres entre le kilomètre 103 et 138.

Nom du secteurTypeDistance (pente moyenne) Placement
KattenbergMont Pavé900 m (5.6 %)km 103.6
HollewegSecteur Pavé1 500 mkm 104.4
HaaghoekSecteur Pavé2 000 mkm 110.1
LebergMont Asphalté950 m (4.2 %)km 113.2
PaddestraatSecteur Pavé2 300 mkm 119.3
HostellerieMont Asphalté1 200 m (5.1 %)km 130.2
ValkenbergMont Asphalté600 m (7.6 %)km 138.1

Cette deuxième partie de course permettra d’émousser les coureurs, mais les vraies différences devraient être réalisées sur le dernier tiers de course. Retiré du parcours en 2022 pour cause de travaux, le Molenberg a fait son retour l’année passée et est toujours au programme cette année. Sur les kilomètres 150 à 195, il y aura un enchaînement de 4 secteurs pavés et de 7 Monts.

Nom du secteurTypeDistance (pente moyenne)Placement

Holleweg
Secteur Pavé650 mkm 146

Wolvenberg
Mont Asphalté600 m (7.5 %)km 148.6

Kerkgate
Secteur Pavé1 400 mkm 152.2

Jagerij
Secteur Pavé1 000 mkm 154.8

Molenberg
Mont Pavé500 m (7 %)km 161

Haaghoek
Secteur Pavé1 900 mkm 165.5

Leberg
Mont Asphalté950 m (4.2 %)km 168.5

Berendries
Mont Asphalté950 m (7.3 %)km 172.6

ElverenbergVossenhol
Mont Asphalté1 300 m (3.6 %)km 175

Muur – Kapelmuur
Mont Pavé1 200 m (7.4 %)
500 derniers mètres à 9.2 %
km 186.5

Bosberg
Mont Asphalté/Pavé1 000 m (5.8 %)km 190.4

Après le Bosberg, dernière difficulté de la journée, il restera 11.8 kilomètres à parcourir jusqu’à l’arrivée.


Les Secteurs Clés

MOLENBERG
  • 500 m à 7.7 %
  • Sommet à 41.2 km de l’arrivée
BERENDRIES
  • 950 m à 7.3 %
  • Sommet à 29.6 km de l’arrivée
KAPELMUUR
  • 1 200 m à 7.4 %
  • Sommet à 15.7 km de l’arrivée
BOSBERG
  • 1 000 m à 5.8 %
  • Sommet à 11.8 km de l’arrivée

Météo

Des risques de pluie dans la matinée, mais l’après-midi devrait rester sèche. Des températures autour de 8°C, ressenties à 0°C. Une difficile journée sur le vélo en prévision, d’autant plus que le vent sera de la partie !

Un vent de sud / sud-ouest soufflera tout l’après-midi à 35 km/h et des rafales annoncées à près de 50 km/h !

40 derniers kilomètres de course

Le Scenario

L’année dernière, Jumbo avait enclenché la machine juste avant de pénétrer dans le Molenberg à un peu plus de 40 km de l’arrivée. Un groupe d’une vingtaine de coureurs s’était détaché, comprenant entre autres 4 coureurs de la formation Jumbo, 4 de la Lotto et 3 de Bahrain. Quelques kilomètres plus loin, Van Baarle, Milan Vermeersch et Le Berre s’isolent de ce groupe qui se fait rapidement rattraper par ce qu’il reste du peloton.

Après avoir éliminé ses adversaires un par un, Van Baarle s’isole et part dans un solo victorieux de 17 kilomètres. Une nouvelle sélection se crée derrière au sommet du Kapelmuur avec De Lie, Laporte, Mohoric et Wellens. Ils reviendront jusqu’à 10 secondes de Van Baarle mais ne parviendront jamais à rentrer, malgré un vent défavorable dans le final.

Jumbo avait fait jouer le nombre l’année dernière en s’assurant d’avoir toujours au moins un homme à chaque échelon de la course. Ils pourraient repartir sur la même tactique cette année.

Il est difficile de définir à quel moment la course va se décanter, mais on peut imaginer que les 60 derniers kilomètres, après le Valkenberg, le rythme ne faiblira plus et les moins forts commenceront à sauter. Une fois au pied du Molenberg, tout peut arriver.

Le vent aura son importance. Des cassures pourraient apparaître, mais ce sera surtout dans ces fameux 60 derniers kilomètres qu’il pourrait jouer un rôle prépondérant. Le vent frappera de côté au sommet du Valkenberg, il ne faudra pas traîner en queue de peloton. Si des cassures se forment dans les difficultés, à chaque sortie de ville ou de secteur, en prenant le vent, les écarts pourraient grandir rapidement entre les meilleurs et les lâchés. Il sera très compliqué de rentrer si on a été décroché à la pédale.

Une fois passé le mur de Gramont, le vent sera de 3/4 dos sur les 15 derniers kilomètres de course. Quand on voit ce que Van Baarle a été capable de faire avec un vent défavorable l’année dernière, il est fort probable que si un homme parvient à s’isoler à ce moment-là (ou dans le Bosberg comme Van Aert en 2022), il ne sera pas revu.


Les Prétendants

Avengers ou Suicide Squad ? J’ai rarement vu une équipe aussi impressionnante sur une classique. Mis à part Affini, les 6 autres hommes ont tous une vraie chance de s’imposer demain. Nous l’avons vu l’année dernière, le nombre fait la force côté Jumbo. Nul doute qu’ils joueront de nouveau là-dessus. La vraie question est de savoir qui sera (ou seront) les principaux leaders.

Tratnik est en excellente forme en ce début de saison, il va certainement vouloir en profiter encore un peu. Il est peu probable qu’on lui demande de jouer l’équipier et de se sacrifier comme il a pu le faire parfois dans le passé. Actuellement, le slovène grimpe mieux que jamais, je ne me fais pas de soucis pour lui dans les monts pavés. Capable de sortir dans les côtes ou sur le plat, il pourra profiter du surnombre de la Visma. Un coup « à la Van Baarle ».

Van Aert sera également de la partie. Nous n’avons pas encore vu du grand Wout, mais la forme va aller en grandissant à partir de la saison des classiques. Je ne serais pas étonné qu’il veuille frapper un coup dès demain. Cependant, nous avons vu que les jambes ne sont pas encore exceptionnelles, faire de lui le leader unique apparaît trop risqué.

Van Baarle avait fait de l’Omloop sa course de reprise en 2023, et cela lui avait bien réussi, car il s’y était imposé après un sacré numéro. Cette année encore, l’Omloop sera sa course de reprise, avec la même réussite ? Si sa forme est la même que l’année dernière à la même époque, il faudra compter sur lui ! Je l’imagine de nouveau être utilisé comme une carte offensive, à l’image de la tactique qui lui avait permis de s’imposer en 2023.

Laporte va également entamer sa saison sur l’Omloop, comme l’année passée. En 2023, il avait réalisé une campagne de classique de très haut niveau, prenant la 3e place de l’Omloop, la 6e de KBK et s’imposant coup sur coup fin mars sur GW et À Travers la Flandre. Sur l’Omloop, il avait réalisé un très gros travail de protection pour Van Baarle. À l’image du Néerlandais, s’il maintient la même forme que l’année passée, il sera un prétendant très sérieux. Le champion d’Europe a connu une progression de qualité énorme depuis son passage à la Jumbo, le voir s’imposer demain serait tout sauf une surprise. De plus, il dispose d’une bonne pointe de vitesse pour régler un petit groupe au sprint si nécessaire.

Jorgenson va enfin pouvoir étrenner son nouveau maillot sur l’Omloop. Sa campagne de classiques pavées en 2023 aura été vraiment prometteuse avec une 18e place sur l’Omloop (dans le groupe derrière Van Baarle), une 4e place à l’E3 et surtout un top 10 sur le Ronde. Pour 2024, son programme de début de saison semble vraiment axé sur ces classiques, avec Paris-Nice en plus au milieu. Très curieux de voir ce que cela va donner, maintenant qu’il est chez Visma. Zeeman a dit qu’il ne serait pas uniquement équipier chez Visma, mais qu’il aurait aussi l’occasion de jouer sa carte parfois. Si j’imagine que sur les plus grosses classiques, il sera plutôt équipier, une course comme l’Omloop semble toute indiquée pour lui laisser carte blanche.

Benoot s’est retiré du Tour d’Algarve au lendemain de sa chute. Une chute apparemment sans gros dommages, mais tout de même. Il avait pris la 15e place l’année dernière, avant de s’imposer le lendemain sur KBK. S’il veut s’imposer, Benoot doit arriver seul, il ne dispose pas d’une pointe de vitesse lui permettant de régler un petit groupe. C’est peut-être celui des 6 pour lequel j’ai le plus de doute quant à sa capacité à l’emporter.

Si je devais désigner un coureur en mesure de l’emporter face à la formation Visma demain, ce serait probablement Mohoric. Le Slovène est apparu en très bonne forme sur le Tour de la Communauté de Valence. Très performant sur les forts pourcentages et les courtes côtes, il est également l’un des meilleurs sur les pavés. Samedi, sa capacité à l’emporter ou non résidera surtout dans son intelligence tactique. Il ne pourra pas suivre tous les coureurs de la Visma, et son équipe manque de profondeur comparée aux favoris. Sa bonne pointe de vitesse sera un atout si jamais la victoire devait se jouer au sein d’un petit groupe.

S’il lui sera difficile de s’imposer, Küng doit évidemment être cité. Je dis difficile de s’imposer par le fait qu’il ne dispose que d’une seule solution pour l’emporter : sortir sur le plat et arriver seul. Ce n’est pas dans les monts pavés qu’il lâchera ses adversaires, et il n’y a pas un scénario où il s’impose au sprint. Je m’attends malgré tout à voir une bonne prestation du Suisse, il a semblé déjà en forme au Portugal. Comme Mohoric, il lui faudra être intelligent.

Qu’attendre de De Lie sur cette course ? Son début de saison ne laisse pas vraiment transpirer grand-chose de positif jusqu’ici. Deux abandons et une 4e place au sprint à Almeria. Cependant, si on se base sur sa course de l’année dernière, nul doute qu’il doit être cité parmi les favoris. Qu’il ait terminé deuxième au sprint est une chose. Mais sa manière offensive de courir dans le final et son ascension du Kapelmuur m’avaient impressionné. Il lui faudra être beaucoup mieux placé aux pieds des difficultés que lors de ses sprints s’il ne veut pas avoir de mauvaises surprises. Et cela pourrait poser problème s’il se retrouve avec un coup de retard.

Si l’on se base uniquement sur le résultat brut de l’année dernière, la 36e place de Milan n’est vraiment pas le résultat qui saute aux yeux. Pour comprendre ce dont il est capable, il faut de nouveau regarder la course. Il était dans le coup avec le groupe de Van Baarle, mais est le premier à sauter après avoir bien contribué. Loin d’exploser malgré tout, il naviguera à une dizaine de secondes de Van Baarle et Le Berre, reprenant même Vermeersch sur le chemin. Derrière, la Bahrain mène la chasse et Milan se relèvera. Lorsqu’on regarde son programme pour sa première année chez Trek, l’axe flandrien saute aux yeux. En l’absence du chef Pedersen, il aura sa chance. Sa pointe de vitesse sera clairement un atout dans le final pour jouer une place. La manière dont il grimpait en Espagne, alors qu’il disait ne pas encore être au top, ne peut être qu’un signe positif supplémentaire.

Wellens devrait hériter du rôle de leader indiscuté côté UAE sur l’Omloop. Le Belge est l’auteur d’un très bon début de saison avec 3 top 5 en 3 courses. Il est allé reconnaître les secteurs pavés de Roubaix puis du Ronde début février, en compagnie de Politt et Baroncini. Un signe que les classiques pavées seront un objectif majeur de sa saison. Très actif l’année dernière, il semblait malgré tout avoir toujours un petit temps de retard.

Comme la saison passée, Pidcock est apparu en forme sur le Tour d’Algarve. Pas de victoire cette fois-ci, mais ses deux arrivées au sommet étaient tout à fait honnêtes. Rapide, il ne fera probablement pas le poids face à de meilleurs sprinters s’il arrivait dans un groupe avec eux. Malgré sa 5e place l’année dernière, j’avais été un peu déçu de sa course que j’ai trouvée un peu trop attentiste. Jamais largué, mais jamais offensif ni à suivre les coups dans les moments clés. Avec un peu plus d’audace cette année, il pourrait améliorer son résultat.


Mes Choix

Avec leur équipe, il ne tient qu’à Visma de laisser échapper l’Omloop. Je pense que l’équipe s’imposera ici pour la 3e année consécutive. Mais qui sera l’heureux élu ? De ce qu’on a pu voir de ce début de saison, Tratnik me semble être celui le plus en forme. Van Aert sera marqué, et probablement pas encore assez affûté pour décrocher tout le monde à la pédale comme il sait le faire à 100 %. Je pense que Tratnik est en mesure de réaliser le même coup que Van Baarle et de s’imposer en solitaire. Le vent favorable dans le final est parfait pour un homme seul, cela devrait inciter aux attaques. La supériorité des Visma devrait leur assurer que l’élastique lâche à un moment et qu’un de leurs hommes s’envole vers la victoire. J’aurai aussi à l’œil les prestations de Mohoric et Milan. Comme je l’ai dit, Mohoric est selon moi le seul possiblement en mesure de contrecarrer les plans de la Visma. Mais cela sera très, très compliqué. Pour Milan, je ne sais pas quelle tactique il adoptera samedi. Je le vois en revanche totalement en mesure de régler un petit groupe derrière pour une place sur le podium.


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