La Flèche Wallonne 2023 Preview

Présentation de la Course

194 kilomètres au départ de Herve pour cette 87ème édition de la Flèche Wallonne, et quelques modifications à noter par rapport à la précédentes édition. Le premier dans la première partie de course, le second sur le circuit final.

De par le profil de l’arrivée au Mur de Huy, peu de place à l’inconnue et aux surprises : c’est une course pour puncheurs. Il n’est pas étonnant que ce soit les meilleurs d’entre eux qui s’y partagent la vedette. Comme on a pu le voir sur les dernières éditions, la course est cadenassée, les équipes de leaders contrôlant la course pour que les favoris se jouent la victoire dans la dernière ascension du Mur. Il faut remonter à l’édition 2003 pour voir une échappée victorieuse sur La Flèche ! C’était alors l’espagnol Igor Astarloa qui s’était imposé.

Bien qu’elles soient souvent vouées à l’échec, les attaques ne manquent pas dans le final de cette course pour des coureurs désireux de forcer le destin et de faire mentir les statistiques.


Le Parcours

Comme d’accoutumée, et malgré les changements fréquents de parcours, c’est une course vallonnée toute la journée à laquelle nous aurons droit. Les 120 premiers kilomètres ne verront que deux côtes répertoriées proposées :

  • La Côte de Trasenster au kilomètre 30.3 (3.3km à 4.9%)
  • La Côte des Forges au kilomètre 39 (1.3km à 7.8%)

L’abord de la Côte d’Ereffe au kilomètre 101 marquera l’entrée sur le circuit final, et le vrai début de la course. Un circuit avec les mêmes difficultés que l’année dernière, mais légèrement plus long. Quelques kilomètres en plus entre le sommet du Mur de Huy et le pied de la côte d’Ereffe.


Le Circuit Final

3 ascensions à parcourir trois fois sur ce parcours de 37 kilomètres. La Côte de Cherave, de nouveau introduite l’année dernière, est toujours présente.

CÔTE D’EREFFE
  • 2.1 km à 5 %
  • Au 3ème et dernier passage au sommet, il restera moins de 20 kilomètres à parcourir.
CÔTE DE CHERAVE
  • 1.3 km à 8.1 %
  • Au sommet de la dernière ascension, il restera 5.5 km à parcourir.

Après un peu plus de 190 km de course, les coureurs aborderont la dernière ascension de la journée en haut de laquelle sera jugée l’arrivée : le mythique Mur de Huy.

Le Mur fait indéniablement parti des 1 300m les plus haletant de la saison cycliste avec ses pourcentages démoniaques pouvant flirter avec les 20%. 1 300 mètres de montée à près de 10% de moyenne. Une pente plus légère sur les 400 premiers mètres avant de taper dans le dur à 800m de la ligne et les premières pentes à 10%, avant le mur à 19% aux 400m. La bataille pour le placement dès le pied fera rage. Des hommes s’y sont cassés les dents en voulant lancer leur attaque trop tôt pendant que deux autres au fur et à mesure des années en ont fait leur terrain de jeu, leur chasse gardée. Le premier est désormais à la retraite, le second ne sera pas au départ. On ne triche pas dans le Mur, seul un excellent puncheur peut espérer s’imposer à Huy.


Météo

Beau temps et températures autour de 15°.

Un vent de Nord-est qui soufflera assez fort (25 km/h). Cela donnera un vent favorable dans les ascensions d’Ereffe et Cherave, plus défavorable entre le sommet de Cherave et le sommet du Mur de Huy cependant.


Le Scenario

Est-ce que nous aurons un scenario différent des éditions précédentes cette année ? Cherave et ses forts pourcentages à 6km du Mur de Huy, des équipes possédant plusieurs cartes leur permettant de lancer les hostilités de loin, le fait que depuis un certain temps les courses sont beaucoup plus débridées, en partie grâce aux même hommes. Ces éléments font penser que demain un autre scenario est possible. Est-ce que cela sera effectivement le cas ? Nous verrons des attaques, c’est certain, mais la capacité d’une échappée à tenir le peloton en respect dépendra de la qualité des coureurs à l’avant. Il faudra un bon groupe de rouleurs pour se créer une avance suffisante avant le pied du Mur de Huy.

Que ce soit des hommes voulant à tout prix éviter d’aborder la dernière ascension avec les meilleurs puncheurs, ou des coureurs désireux d’arriver au pied avec un groupe de favoris aussi réduit que possible pour pallier au problème de placement, de nombreuses équipes peuvent attaquer. Les grosses équipes aussi, la QuickStep est coutumière du fait par exemple, UAE pourrait en faire de même demain.

Comme souvent, la présence de Pogacar pourrait conditionner le scenario de la course, surtout en l’absence d’autres clairs favoris à la victoire. Mais la spécificité de La Flèche rend assez peu probable un scenario différent, ce n’est pas pour rien si un échappé ne s’y est pas imposé depuis 20 ans. En l’absence des “pros” du Mur et des 2 autres fantastiques, les puncheurs auront espoir de battre Pogacar sur le Mur, un endroit où le slovène s’est loupé lors de ses deux dernières apparitions.

Je pense que les attaquants seront revus et que c’est un peloton très réduit qui abordera les rampes du Mur à 1.3km de l’arrivée, un scenario assez classique en somme. Sauf si les favoris eux-mêmes (Pogacar en tête) décident d’attaquer de loin, pour faire durer le plaisir des spectateurs un peu plus longtemps que les 3′ de la montée du Mur de Huy.


Les Prétendants

Pogacar va prendre le départ de la course avec le statut de favori, comme bien souvent. Son début de saison monumental s’est poursuivi le week-end dernier lorsqu’il a remporté l’Amstel en solitaire, décrochant tous ses adversaires un par un. La puissance qu’il est capable de déployer dans les forts pourcentages tout en restant assis est impressionnante, et pourtant le Mur lui a toujours résisté jusqu’ici. C’est une ascension ou simplement appuyer le plus fort sur les pédales ne suffit, la question de timing est primordial. Mais Tadej est un coureur qui apprend de ses erreurs, et face à un plateau d’adversaire peu relevé en comparaison des éditions précédentes, il pourrait bien réussir son coup cette fois-ci. A moins qu’il ne décide de nouveau de prendre les choses en main en amont ou de suivre les mouvements de ses adversaires comme sur La Flèche. De la manière dont je vois les choses, il ne tient qu’à lui de perdre cette course.

Bonne prestation de Pidcock sur l’Amstel, mais il n’y avait rien à faire contre Tadej dimanche dernier. 6e de La Flèche en 2021 malgré une chute à une trentaine de kilomètres de l’arrivée, il doit pouvoir décrocher un bon résultat demain. Battre Pogacar pourrait être compliqué, mais une place sur le podium pour le britannique est tout sauf impossible. Il a explosé sur l’Amstel au terme d’une course longue et éreintante, à l’avantage de Pogacar. Sur une course de côte, on peut imaginer que la différence sera moindre et qu’il aura son mot à dire.

Higuita

Woods est sans conteste un des tout meilleurs lorsqu’il s’agit de grimper des pentes aux pourcentages à deux chiffres. 3ème, 4ème et 6ème des trois dernières éditions de la Flèche, il lui aura toujours manqué un petit quelque chose ici. Son problème reste le placement, un point qui lui fait défaut et qui l’oblige à faire des efforts superflus pour se replacer et gaspiller des forces qui lui manquent dans le final. C’était le cas en 2020, mais aussi en 2021 où il est au delà de la 15ème place au virage à 400m juste avant l’attaque de Roglic ou encore l’année dernière où il rétrograde à l’amorce du dernier kilomètre. Que pourrait donne run Woods bien placer dans le Mur ?

Bagioli est en excellente forme récemment. Nous avons pu le voir sur l’Itzulia, mais aussi plus récemment sur la Flèche Brabançonne et l’Amstel. S’imposer sera très compliqué, mais il dispose sur le papier des qualités pour réaliser de belles choses sur le mur. Amputée d’Alaphilippe, il pourrait avoir sa carte à jouer dans le final et probablement l’homme du wolfpack avec le plus de chances de bien figurer sur le Mur. Sa 8e place sur le mur de la 3e étape de l’Itzulia est un bon indicateur quant à sa capacité à accrocher un top 10 ou mieux demain.

Landa réalise un excellent début de saison, sa forme était impressionnante sur l’Itzulia où il était le seul à pouvoir rivaliser un peu avec Vingegaard. J’ai particulièrement été impressionné par sa prestation sur le mur final de la 3e étape de l’Itzulia. Un mur à peu près comparable à ce que les coureurs auront à affronter demain. Malade après l’Itzulia, il faudra voir si le Basque est remis à 100 %.

Healy est très probablement LA révélation de ce printemps 2023. Généreux dans l’effort et très bon rouleur, seul un Pogacar intouchable aura eu raison de lui sur l’Amstel. Et encore, l’irlandais à magnifiquement résisté dans le final ! On l’a vu bon grimpeur sur les courtes ascensions à fort pourcentage dernièrement, mais il pourrait manquer un peu de punch sur le final face à d’autres hommes pour jouer le podium. Powless aussi réalisé un excellent début de saison

Sixième Flèche Wallonne pour Cosnefroy, une course qui colle parfaitement à ses qualités. Deuxième de l’édition 2020 amputée de Valverde et Alaphilippe, il connait cette montée et pourrait de nouveau profiter d’un plateau moins relevé cette année pour aller chercher une belle place. 20e sur l’Amstel, piégé par les mouvements de course lointain, mais surtout malade, il avait pris la 3e place de La Flèche Brabançonne un peu plus tôt. Il ne sera pas remis pour le Flèche demain, et s’il n’est pas à 100 % il lui sera difficile d’envisager un podium.

Sobrero


Mes Choix

Un scénario classique avec une victoire de Pogacar au sommet du Lur, pour maintenir vivant l’espoir de réaliser le triptyque ardennais cette année. Une course plus courte qui devrait permettre à Pidcock de décrocher une place sur le podium (fort sur l’Amstel et longtemps dans la roue de Pogacar, la distance aura eu raison de lui). Enfin, avec un plateau si ouvert une place sur le podium peut s’offrir à un homme qui en temps normal aurait eu des difficultés à y accéder. Ce 3e homme sera pour moi Ciccone.


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