Championnats du Monde 2022


Le Parcours

Rien à signaler sur les 27 premiers kilomètres de course. Les coureurs s’élanceront d’Helensburgh à quelques kilomètres au nord de Wollongong. Ils longeront la côte sur une vingtaine de kilomètres et passeront une première fois la ligne au kilomètre 27.7. Débutera alors le tour du premier des deux circuits que comptent ces championnats du Monde.


Circuit : Mont Keira

Circuit Mount Keira

Le circuit du Mount Keira sera long de 34.2 kilomètres et emmènera les coureurs dans la forêt à l’ouest de Wollongong. Le principal élément de ce circuit est bien évidemment l’ascension de ce Mount Keira.

MOUNT KEIRA
  • 5.8 kilomètres d’ascension à 6.4% de moyenne.
  • Les plus forts pourcentages se trouvent au pied de l’ascension.

L’ascension se trouve bien trop loin de l’arrivée (il restera plus de 225km à parcourir au sommet) pour avoir une influence directe sur le déroulement de la course.

Les coureurs aborderont ensuite la descente pour sortir de la forêt et revenir de Wollongong par le sud. Au kilomètre 62, les coureurs aborderont le circuit final de ces championnats du Monde.


Circuit : Wollongong

Circuit Mount Pleasant

Un circuit final urbain plus court que le précédent (17.2km) mais que les coureurs devront faire 12 fois. Si le parcours vous rappelle quelque chose, vous n’êtes pas fous : les routes de ce circuit sont en grandes parties les mêmes que celles utilisées lors du c.l.m élite hommes et femmes la semaine dernière. L’ajout du Mount Pleasant est bien entendu la différence majeure.

Entrons plus en détail sur ce parcours en nous positionnant sur le dernier tour de course.


Après avoir passé la ligne, les coureurs négocient ce rond-point sur la droite avant d’aller chercher un virage droite 90° après 500m de course. Une ligne droite de 600m avant un second virage sur la gauche.

0 – 1.1km

Suivra une ligne droite de 1.6km. Les 500 premiers mètres sont en faux plat montant (2%) avec 2 ronds-points.

1.1km – 1.6km

Cette ligne droite continue avec un court faux plat descendant sur 400m et deux nouveaux ronds-points à négocier. Après le second rond-point, court repecho de 200m à près de 6% puis un léger faux plat descendant jusqu’au kilomètre 2.7 et le rond-point avec sortie à droite.

1.6km – 2.7km

Ligne droite de 400m avant virage 90° gauche au km 3, puis ligne droite en faux plat montant (1.5%) d’un km jusqu’au km 4 et virage 90° droite.

2.7km – 4km

Nouvelle ligne droite de 400m avant virage 90° droite au km 4.4. De nouveau, ligne droite 600m en faux plat descendant jusqu’au km 5 et virage 90° gauche.

4km – 5km

Les 700m suivant seront légèrement vallonnés et les coureurs devront gérer un enchaînement de 4 ronds-points et le mobilier urbain en entrée et sortie de ces ronds-points.

Les coureurs traverseront ensuite l’université de Wollongong avant de négocier un virage à droite à 90° au km 6.2. Les routes seront ici plus étroites. Virage suivant 300m plus loin, au kilomètre 6.5, sur des routes plus larges.

5.7km – 6.5km

Les coureurs bifurqueront à gauche au rond-point au km 6.8 pour aller chercher le pied du Mount Ousley, en guise d’apéritif avant le Mount Pleasant.

Un léger faux plat sur les 400 premiers mètres avant de bifurquer légèrement sur la droite et le pied des 600m à 7% de moyenne de la côte de Dumfries Avenue. Comme on peut le voir sur le graphique, la partie raide est relativement courte.

Virage droite au km 8 après le sommet de la côte, un virage en descente. La route change ici par rapport au parcours du contre-la-montre. Les coureurs n’iront pas au bout de la descente mais bifurqueront sur la gauche au kilomètre 8.3. Un virage qui marquera aussi le pied du Mount Pleasant.

7.9km – 8.3km
MOUNT PLEASANT
  • 1.1 kilomètres d’ascension à 8.2% de moyenne.
  • Un pied roulant avant l’apparition des gros pourcentages. Ascension punchy et irrégulière

Au sommet, les coureurs bifurqueront à droite pour entamer la descente, pour un répit de courte durée. En effet, 200m à peine après le début de la descente, la route va de nouveau s’élever sur 150m à 7.5% de moyenne, et même près de 15% à l’approche du sommet du repecho. On l’a vu chez les U23, les coureurs prennent tellement de vitesse sur la partie descendante que ce repecho ne devrait au final pas avoir un si gros impact.

Repecho après Mt. Pleasant

La descente reprendra ensuite sur les 1 400m suivants jusqu’à ce que les coureurs retrouvent l’avenue Cabbage Tree Lane et le parcours du contre-la-montre. Il restera à ce point plus que 6.1km à parcourir.

Ligne droite de 1km avant un virage gauche sur un boulevard au km 12.1 avant un enchaînement de deux virages sur les 400m suivants.

11.1km – 11.6km

Les coureurs devront ensuite aller chercher le pont au kilomètre 12.9 après un enchaînement de virage gauche suivi d’une ligne droite de 500m avant un nouveau virage droite.

Longue ligne droite plate entre les kilomètres 13.4 et 15.4.

13.4km – 15.4km

Au kilomètre 15.4, une chicane à négocier au niveau d’un rond-point, avant un virage droite sur une route étroite 200m plus loin. Après ce virage, il y aura une côte de 300m à 4.5% de moyenne située à 1.5km de la ligne, suivie de 500m en descente.

15.4km – 16.8km
Repecho à 1.5km de l’arrivée

Il restera un rond-point à négocier au kilomètre 16.9 avec un virage à droite qui débouchera sur la ligne droite en direction de l’arrivée située au kilomètre 17.2.


Météo

Les Elites hommes devraient avoir la chance d’échapper à la pluie pour leur course. Les températures resteront sous les 20°.

Le vent sera assez modéré (aux alentours des 10km/h) et soufflera en provenance de l’ouest, ce qui signifie que le vent sera favorable dans l’enchaînement Mount Ousley / Mount Pleasant. De quoi inciter aux attaques ! En revanche, le vent sera plus défavorable sur les kilomètres restants entre le sommet du Mount Pleasant et la ligne d’arrivée le long de la côte.


Des Points de Comparaison

Un rapide coup d’œil au profil de cette course peut faire penser à celui des mondiaux 2017 à Bergen : un circuit urbain avec une côte à négocier au milieu. Cette année-là, Sagan s’imposait au sprint devant Kristoff et Matthews (3 hommes qui seront encore présents cette année, à Wollongong). Alaphilippe et Moscon avaient réussi à créer un trou au sommet de la côte à 10km de la ligne, avant qu’Alaphilippe ne décroche l’italien dans un repecho à 4km de l’arrivée. l’Italie avait roulé derrière pour Trentin, rattrapant le français et permettant à ces championnats du Monde de se jouer au sprint. Pourrait-on voir un scénario identique cette année ?

Possible, mais en tout cas, ce n’est pas le scenario que je privilégierai, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, à la différence de 2017, il y aura finalement assez peu de sprinters à Wollongong et pas sûr qu’une équipe désire contrôler pour emmener Van Aert. Il faut aussi noter qu’à l’époque, Sagan et Kristoff comptaient parmi ce qui se faisait de mieux niveau sprint. La Belgique aurait peut-être un intérêt au sprint, mais il ne faut pas oublier que Remco sera co-leader cette année : en attaquant, il fera sauter les équipiers des adversaires, réduisant de fait la main d’œuvre dans le final quand il faudra couvrir les attaques des autres nations qui surviendront sans aucun doute. Si sprint il devait y avoir, il est plus probable que cela soit au sein d’un petit groupe qui se serait détaché dans le dernier tour plutôt que d’un peloton de près de 30 coureurs tenu ensemble par une ou deux nations.

Ensuite, le Salmon Hill de Bergen et l’enchaînement Mount Ousley / Mount Pleasant de Wollongong sont difficilement comparables. Salmon Hill était certes un peu plus longue, mais les pourcentages des côtes sur le circuit australien seront bien plus forts, rendant ces difficultés plus favorables aux puncheurs.

Enfin, le nombre de puncheurs de qualité dans la startlist est bien plus élevé que le nombre de sprinters, le signe que beaucoup d’équipes, dont la plupart des grosses nations, misent sur une course débridée et explosive, et pas forcément dans le contrôle pur.

En termes de distance et de dénivelé positif, cette course tend plus à se rapprocher d’un Liège-Bastogne-Liège avec ses 260km à 4 300m de D+, pour 267km à 4 100m de D+ à Wollongong. On a aussi lu et entendu de la part de certains coureurs que le GP de Montréal pouvait être une bonne préparation car relativement proche dans l’esprit du parcours de ces championnats du Monde. Dans les chiffres, la course canadienne était peut-être même un peu plus difficile avec ses 220km pour 4 100m de D+. Nous pouvons tenter de chercher toutes les comparaisons possibles, un championnat du Monde est unique sur tellement d’aspects que « calquer » le scenario d’une classique sur lui serait vain. Sans pour autant en tirer des conclusions directes sur le scenario, on peut aisément imaginer que des coureurs performants sur le type de courses citées plus haut devraient pouvoir être à leur avantage dimanche en Australie.

Plus tôt chez les U23, la course a été très animée. Fedorov et Vacek se jouent la victoire 3 secondes devant un groupe d’une quinzaine de coureurs. Deux enseignements potentiels : chez les élites, les nations moins favorites devront à tout prix durcir dans le circuit final sans attendre les tout derniers tour au risque de voir les équipiers de certains puncheurs/sprinters encore en nombre derrière, en capacité de travailler pour leur leader et de gérer la course. Ensuite, comme on a pu le voir, les deux hommes de tête n’ont jamais eu plus de 20″ d’avance sur le dernier tour, et pourtant, ils n’ont pas été revus, car derrière personne ne s’est engagé à 100% dans la poursuite, mais aussi certainement car cette course d’usure a fait que personne n’a eu les jambes pour contrer lors de la dernière ascension.


Le Scenario

L’année dernière, la France et la Belgique avaient lancé les hostilités de très loin, à près de 180km de l’arrivée. L’Italie, piégée par les nombreuses attaques, avait dû assumer seule la chasse derrière. Qui prendra la course en main cette année ? La Belgique semble être la nation tout indiquée pour assumer ce rôle et « tenir » la course au moins jusque dans les derniers tours. On le verra un peu après, mais les compositions des principales nations semblent indiquer qu’on pourrait avoir une nouvelle fois une course offensive. Les meilleures cartes resteront au chaud jusqu’assez longtemps dans le circuit, mais les options 2 et 3 des grosses nations pourraient se retrouver à animer la course de plus loin, forçant les équipiers adverses à s’épuiser dans la chasse.

Je doute vraiment qu’une équipe décide d’allumer la course dès le Mount Keira, il restera plus de 225 kilomètres à parcourir à ce moment-là. Les principales équipes favorites devraient attendre le circuit final selon toute vraisemblance, le moment exact est quant à lui plus incertain.

Le cyclisme moderne tend à voir les coureurs animer les courses de plus loin, nous pouvons donc espérer des attaques franches à 4 ou 5 tours de l’arrivée (environ 70 – 80km de la ligne). Sur les 2 derniers tours, peu d’équipes devraient avoir encore assez d’hommes pour couvrir les attaques et un petit groupe pourrait prendre le large pour ne pas être revu. Le schéma classique voudrait que les hommes les plus rapides couvrent les attaques et patientent dans les roues pour jouer la victoire sur un sprint réduit. Pour les autres, il faudra attaquer pour distancer notamment un homme comme Van Aert (si tant est que cela soit possible). Même s’ils n’arrivent pas à le décrocher, nous avons pu voir à plusieurs reprises qu’au terme d’une longue et éreintante course, il est battable.

Les grandes nations doivent donc mettre la Belgique sous pression et attaquer, la Belgique doit quant à elle espérer que Remco puisse non seulement avoir les jambes, mais aussi accrocher un bon coup qui partirait dans les 50 derniers kilomètres afin de ne pas avoir à assumer le contrôle de la course dans la partie décisive. Je ne pense pas qu’une autre nation vienne prêter main-forte aux Belges dans leur entreprise de « tenir » la course jusque dans les derniers tours, peut-être l’Australie pour un Matthews qui aimerait que le feu d’artifice ne commence pas trop tôt. Mais tant de nations possèdent de belles solutions offensives, j’ai du mal à imaginer qu’un gros groupe soit encore compact à l’avant dans les 30 derniers kilomètres. Un essorage aura lieu au fur et à mesure des tours et des attaques dans le Mount Pleasant.

Un parcours qui rend le scenario difficile à anticiper. Voir un favori s’imposer ne serait évidemment pas une surprise, mais un outsider aura aussi toutes ses chances. La côte est difficile certes, mais pas insurmontable pour de bons puncheurs. Si les leaders décident de se regarder dans le blanc des yeux lorsqu’un groupe de « second couteau » sort, la messe pourrait être dite.

Le point clé de ce parcours sera bien évidemment l’enchaînement entre le Mont Ousley – Mont (pas si) Pleasant et le repecho qui suivra quelques hectomètres plus loin. Des dégâts peuvent être faits en attaquant ici, et si les ascensions feront mal, le plus important sera de pouvoir garder son allure entre ces difficultés et à la bascule du repecho pour pouvoir relancer. C’est cela qui permettra de faire la vraie différence au-delà même des pourcentages lors des attaques. Au sommet du repecho, il restera 7.5km à parcourir, en descente au départ puis majoritairement sur du plat.


Les Prétendants

12 ans après avoir été sacré champion du Monde U23 chez lui en Australie, Matthews est de retour pour, cette fois, tenter d’aller chercher le titre chez les Élites. Il a réalisé une bonne saison, très souvent placé et avec 2 victoires au compteur. Son chef-d’œuvre reste tout de même sa victoire à Mende lors du dernier Tour de France. Ce jour-là, il aura fait exploser les meilleurs puncheurs et grimpeurs qui l’accompagnaient sur les rampes à deux chiffres de la montée Jalabert.

L’Australien est un attaquant et n’aime pas avoir à attendre au chaud dans le peloton pour jouer les sprints. Et cela tombe bien, car c’est en attaquant comme sur l’étape de Mende qu’il semble être le meilleur ! Matthews gère bien les courses longues et éreintantes, en témoignent ses résultats sur Milan-Sanremo, l’Amstel et lors des championnats du monde passés.

Très bon puncheur, la vraie question est de savoir s’il parviendra à suivre les tops mondiaux lorsqu’ils enclencheront dans l’enchaînement Mount Ousley / Mount Pleasant. Probablement pas, et c’est pour cela que l’on peut imaginer qu’il sera dans l’obligation d’anticiper s’il veut avoir une chance de s’imposer. Il reste très certainement la meilleure carte côté australien, et leader attitré, même si sur le papier l’équipe affiche de beaux noms autour de lui avec notamment O’Connor et Hindley.

À la différence de l’an passé, cette-fois la Belgique se présente avec 2 leaders annoncés d’avance : Van Aert et Evenepoel. On se souvient tous des tensions apparus dans les heures qui avaient suivies la débâcle belge, les deux coureurs semblaient ne plus pouvoir s’entendre. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts et les tensions sont apaisées, chacun indiquant étant heureux si l’autre devenait champion du monde. Mais avoir deux leaders avec leurs tempéraments et aux qualités si différentes peut-être à double tranchant : soit ils jouent effectivement le jeu d’équipe jusqu’au bout, soit ils attendront tous les deux jusqu’au dernier moment pour jouer leur carte, quitte à tout perdre. Encore.

Alors, quelle stratégie adopter pour s’adapter au mieux aux qualités de l’un et de l’autre ? Son manque de vitesse au sprint fait de Remco une carte offensive, sans aucun doute. Plus Remco attaquera de loin, moins la Belgique aura à gérer et à assumer le poids de la course. Mais partir de trop loin ruinerait ses chances personnelles de victoire, pas sûr que cela l’enchante. À l’inverse, Van Aert pourrait faire plus confiance à son sprint. Sur le papier lorsque l’on regarde la startlist, il est l’homme le plus rapide, sans discussion. Attention tout de même, on a pu remarquer qu’au terme de courses longues, il a tendance à ne pas autant délivrer sur les sprints en petit comité, régulièrement battu par moins rapide que lui sur le papier. S’il est à l’avant, il espérera que le groupe soit composé de plus de 5 coureurs !

Selon le scenario de course et les équipiers encore présents, la nation belge pourrait-elle adapter la stratégie du Cap Blanc Nez où Jumbo avait placé Wout sur orbite pour que le belge aille s’imposer en solitaire à Calais lors du dernier Tour de France ? Car oui, et si Van Aert décidait de lui-même de prendre les choses en main pour surprendre ceux qui pensent qu’il va courir de manière conservatrice ? Le souci que me pose cette stratégie est la présence de Remco qui serait certainement la rampe de lancement, ce qui impliquerait qu’il abandonne ses chances de victoire. Le fera-t-il ou préfèrera-t-il tenter une dernière fois sa chance ?

Pour Evenepoel, il faudra aussi voir comment son corps répond après la Vuelta, même si nous avons eu un bon élément de réponse lors du chrono individuel la semaine dernière ! Sur les dernières années, il est tout de même à noter que le champion du monde ne sortait pas de La Vuelta. Si les jambes ne répondent pas comme il le souhaite, il a assuré qu’il n’aurait pas de problème à se mettre au service de Wout, pour la nation. Un Wout qui a fait l’impasse sur le chrono pour tout miser sur la course en ligne.

Les deux seront bien entourés et notamment par un homme qui m’avait impressionné lors de la dernière Doyenne en prenant la deuxième place et réglant même Van Aert au sprint. Il s’agit de Quinten Hermans, qui bien qu’il ne soit pas cité en tant que leader est pour moi une troisième carte viable du côté belge. S’il n’est pas cantonné au rôle d’équipier pour rouler on pourrait le voir se projeter à l’avant afin de lui aussi donner de l’air à la Belgique.

Sur le papier, la Belgique semble avoir toutes les cartes en main pour bien faire sur ces mondiaux. Encore faudra-t-il utiliser ces cartes correctement.

Des absences notables dans cette sélection colombienne qui devrait tout de même être articulée autour de Quintana et Higuita. Nairo effectue son retour à la compétition après avoir dû renoncer à la Vuelta des suites de son déclassement du Tour de France. Pas certain que ce parcours et cette arrivée sur le plat ne correspondent aux qualités de Nairo.

Les meilleurs chances de bien figurer reposeront sur les épaules d’Higuita. Transparent sur son début de Vuelta, il était bien plus en jambes en 3e semaine. Il faudra voir comment les jambes répondent deux semaines plus tard, comme pour tous les hommes qui sortent de la Vuelta. Sa 5e place sur La Doyenne, qui est une des courses d’un jour les plus proches en termes de distance et dénivelé par rapport au parcours de Wollongong, indique qu’il est capable de se battre pour une bonne place dimanche. Bon puncheur, sa pointe de vitesse sur le plat ne sera cependant pas son meilleur atout si des Van Aert ou Pogacar sont avec lui dans la dernière ligne droite.

Le cyclisme danois a encore brillé cette année, mais Vingegaard (vainqueur du Tour de France) et Pedersen (ancien champion du Monde et maillot vert de la Vuelta) ne sont pas du voyage en Australie. Deux absences qui vont beaucoup peser. Mais le Danemark ne viendra pas pour autant faire de la figuration à l’autre bout du monde !

En tête d’affiche on peut citer évidemment Magnus Cort. Excellent puncheur, endurant et rapide au sprint, il a sur le papier tout ce qu’il faut pour prétendre à une bonne place. Cependant, si on se penche un peu plus en détail sur ses résultats dans les grandes courses d’un jour, quelque chose saute aux yeux : il n’y brille tout simplement jamais. Ses plus grandes victoires sont majoritairement arrivées sur des courses par étapes, en particulier lors de la deuxième moitié des Grands Tours.

Il y a quelques années, Fuglsang aurait probablement été l’un des favoris pour cette course. En 2022, difficile de le voir s’imposer ou jouer les premiers rôles, bien qu’il ai montré par intermittence être capable de bons résultats cette année (Tour de Suisse et Mercan’Tour).

Et si la lumière venait d’un troisième homme ? Honoré a connu une saison moins couronnée de succès par rapport à l’année passée, mais semblait plutôt dans le coup sur les courses canadiennes. Si la forme est bonne comme on peut l’imaginer, Mikkel sera en capacité de réaliser de belles choses sur ce parcours en attaquant sans forcément être immédiatement pris en chasse par les nations favorites. Sa pointe de vitesse lui offrira l’espoir de régler un petit groupe au sprint.

Enfin, une mention pour le jeune Skjelmose auteur d’une très bonne saison avec en point d’orgue sa victoire au général du Tour du Luxembourg.

Girmay aura sans aucun doute été une des attractions de la première partie saison, jusqu’à son malheureux accident lors du Giro. Ses qualités de punch et sa vitesse font de lui un outsider à un bon résultat sur ces championnats du monde. Cependant, on peut tout de même se demander si les plus de 4 000m de D+ ne seront pas de trop pour lui, et ce même s’il doit pouvoir encaisser plusieurs fois les côtes du parcours. Il pourrait se retrouver un peu court en dernière partie de course lorsque les attaques fuseront.

Une mention aussi pour Tesfazion auteur de belles performances sur le Giro et vainqueur du Tour du Rwanda pour la deuxième année. Rapide (mais bien moins que Bini), il est aussi certainement un meilleur grimpeur/puncheur que Girmay. Ce sera la première fois qu’il s’aligne sur une course aussi longue, difficile de l’imaginer tenir le choc, mais cela pourrait être intéressant de le suivre pour le futur et sa probable arrivée en World Tour dès 2023.

Le sélectionneur espagnol a eu de gros problèmes pour composer son équipe en vue de ces championnats du Monde. Ce qui semble clair depuis la Vuelta, c’est que malgré la retraite prochaine de Valverde, le cyclisme espagnol est promis à un bel avenir avec Ayuso et Rodriguez. Malheureusement, aucun des deux ne sera présent pour l’épreuve en ligne.

Les espoirs reposeront quasi exclusivement sur Soler qui aura été vraiment étincelant sur la Vuelta. Problème, l’enchaînement Tour / Vuelta qu’il a fait va certainement être bien trop pesant pour espérer le voir jouer les premiers rôles dans le final.

On peut aussi citer Garcia Cortina même si je pense qu’il ne sera pas en mesure de suivre les attaques lorsqu’elles partiront dans les côtes. Voir un Espagnol champion du monde cette année relèverait presque du miracle. Mais nul doute doute que la sélection dans les années à venir sera bien plus attrayante que celle-ci.

Double champion du monde en titre, Alaphilippe vient remettre son titre en jeu à Wollongong. Julian aura connu une saison très compliquée marquée par les chutes jusqu’à La Vuelta qu’il a dû abandonner. Quel est son état de forme ? On le sait, le français sait généralement se sublimer pour les grands événements, surtout quand on ne l’attend plus. Cependant, ses résultats de la saison montrent clairement qu’il n’a pas les mêmes jambes que les saisons précédentes. Il n’est plus maître sur des terrains qui étaient autrefois sa chasse gardée (La Flèche, les sprints punchy sur Tirreno ou encore le sprint punchy sur la 4e étape de La Vuelta). Pour conserver son titre, il lui faudrait retrouver ses jambes des mondiaux 2021, et rien n’indique que cela sera le cas. De plus, ses récentes déclarations sur le fait de vouloir être « soulagé » du poids du maillot jettent aussi le doute sur son mental même si on le sait, Julian est un grand bluffeur.

La France pourra compter sur d’autres hommes pour animer la course, à commencer par l’appelé de dernière minute, Cosnefroy. Son absence de la liste initiale avait soulevé des questions après sa belle victoire en solo sur le GP de Québec. Un peu avant dans la preview, je faisais une comparaison avec Bergen 2017, il est intéressant de noter que cette-année là Benoît avait été sacré champion du monde chez les U23. Très bon puncheur disposant d’une belle pointe de vitesse, il est évident qu’il n’est pas venu en Australie uniquement pour faire le nombre ou larbiner. Il aura son rôle à jouer au sein de cette équipe de France très complète, un rôle de dynamiteur dans les côtes sur les derniers tours à n’en pas douter.

Citons aussi Madouas qui réalise une énorme saison : podium du Ronde et top 10 du Tour de France notamment. Lui qui avait remporté 3 courses dans sa carrière pro vient de signer 3 nouvelles victoires en l’espace de deux semaines ! La forme est très bonne sans aucun doute, suffisamment pour lui octroyer un statut de co-leader. Une très belle carte dans ce collectif Français qui lui aussi devrait avoir sa chance lors d’un des passages sur le Mount Pleasant.

La forme d’Alaphilippe va évidemment grandement conditionner la tactique française. Et si finalement, c’était Julian qui faisait lui-même péter les choses de plus loin ? Laissant ainsi Madouas et Cosnefroy suivre les roues pendant que lui attire tous les regards. Ses équipiers pourraient contrer derrière sans forcément être suivi par les gros favoris, car moins marqués qu’un Julian. Si tout 3 sont considérés comme leaders à part entière et protégés, la multiplication et la succession de leurs attaques pourraient être l’élément décisif dans la conservation du titre, mais pas forcément du côté de Julian.

La Grande Bretagne se présente sur ces championnats du Monde avec une équipe alliant parfaitement jeunesse et expérience. L’expérience représentée entre autres par les capitaines de route Swift et Rowe et la jeunesse pétrie de talent avec Hayter, Tulett, Turner, Wright ou encore Stewart. Sur tous ces noms, 2 semblent tout de même se détacher.

Tout d’abord Fred Wright. Le Britannique aura été un des coureurs les plus en vue de l’été avec ses performances sur le Tour de France ainsi que sur la Vuelta. Un coureur qui ne compte pas ses coups de pédales, et cela lui a joué des tours dernièrement. Un coureur rapide qui passe bien les bosses, même si je pense tout d’abord que le parcours de Wollongong sera trop difficile pour lui, mais aussi que son enchaînement Tour / Vuelta pèsera trop dans ses jambes pour qu’il aille décrocher un résultat.

La meilleure carte côté britannique pourrait être au final Ethan Hayter. Ses résultats post-Dauphiné me faisaient m’interroger sur sa forme en fin de saison, questions auxquelles il a répondu avec sa performance sur le chrono individuel. Sans son saut de chaîne, Ethan accrochait à minima le podium et qui sait… Mon interrogation principale le concernant provient de la distance, mis à part une 4e place sur la Bretagne Classique en 2021, on ne l’a pas vu performer sur de très longues distances comme la course de dimanche. Si jamais il venait à être dans le groupe se jouant la gagne dans le final, sa pointe de vitesse parlera en sa faveur.

L’année passée l’Italie avait certes joué de malchance, mais était aussi passée complètement au travers de ses championnats du Monde. A contre-temps sur la majeure partie de la course, c’est la squadra azzurra qui avait dû travailler de nombreux kilomètres pour revenir sur le groupe d’échappés, laissant trop de force dans la bataille. Dans les 50 derniers kilomètres, Colbrelli marque Alaphilippe sur ses attaques, sauf sur l’attaque décisive où il choisi de rester sagement dans la roue de Nizzolo. Cette année, l’Italie avance un peu plus cachée, ne comptant pas de champion d’Europe dans ses rangs et pas de clair favori pour la victoire.

La composition de l’équipe laisse à penser que l’état d’esprit sera bien différent aussi. L’équipe devrait être articulée autour de Bettiol principalement, qui bien qu’il n’ai pas gagné cette année, a montré posséder de bonnes jambes. On se rappelle notamment de sa prestation à Mende sur le Tour où après avoir dû travailler pour Uran dans l’échappée, il est le seul à avoir pu revenir sur Matthews dans les terribles pentes de la montée Jalabert, avant de coincer sur le sommet. Très bon puncheur et rouleur, ce parcours semble lui coller parfaitement, lui qui pourra en plus compter sur une bonne petite pointe de vitesse en cas d’arrivée en petit comité. Revenu a son meilleur niveau, nul doute qu’Alberto aura à cœur de bien faire lui qui avait perdu tout espoir de bien figurer lors des derniers JO à cause de crampes dans le final.

Alberto ne sera pas seul à assumer le leadership du côté italien avec la présence d’un certain Matteo Trentin. Une chute en début de saison aura grandement impacté ses résultats, mais comme d’habitude à l’approche de l’automne Trentin sait se sublimer ! Que ce soit sur le Tour de Grande Bretagne, les semi-classiques italiennes ou comme cette année sur le Tour du Luxembourg, pas de doute Matteo sait se préparer pour ces grandes échéances : 4e à Bergen en 2017, 2e à Harrogate en 2019. Il a travaillé son sprint avant le début de la saison et cela s’est vu, mais est-ce que ce sera suffisant pour compter dessus face à Van Aert par exemple ? J’ai du mal à appréhender le rôle de Trentin que j’imagine plus en capitaine de route amenant son calme et son expérience aux plus jeunes plutôt qu’en carte pour la victoire.

Bagioli a lui aussi fait un bon dans la hiérarchie suite à sa très belle prestation sur le GP de Montréal où il prend la 3e place au sprint derrière Pogacar et Van Aert. Une prestation d’autant plus parlante que le profil de la course semble assez similaire dans l’idée avec celui des championnats du Monde. Sa victoire sur la dernière étape du Tour de Catalogne est aussi parlante. L’étape était bien moins difficile que la course de dimanche, mais le profil dans le final était à peu près identique avec un circuit répété et une côte raide à négocier.

L’équipe compte aussi d’autres bons talents comme Battistella qui sort d’une très bonne Vuelta qu’il a dû quitter, malade. Mais l’homme qui retient le plus mon attention dans cette sélection reste Lorenzo Rota. Le coureur de la Wanty ne cesse de gravir les échelons, et ses performances cette année sont la preuve qu’il a probablement passé un cap avec ses nombreux top 5 et sa victoire sur le Tour de Tchéquie. Si comme je le pense nous allons avoir une Italie explosive, c’est de Rota que pourrait venir l’étincelle, plus sous les radars que les hommes cités ci-dessous et donc certainement moins marqué.

Sans posséder un immense favori, l’Italie à de belles cartes à jouer et je m’attends à ce que ce soit une des nations à avoir le plus d’impact sur le scenario de course. Ils doivent mettre des hommes à tous les échelons pour harceler leurs adversaires les plus forts et les priver de soutien. Puis, sur une attaque dans le final, là où les favoris pourraient commencer à se regarder et compter leurs coups de pédales, partir avec des seconds couteaux pour se jouer la victoire.

L’enchaînement Tour / Vuelta risque de bien trop peser dans les jambes de Lutsenko pour ces championnats du Monde, je serais vraiment très étonné de le voir jouer les premiers rôles.

Côté Kazakh, nous aurons plutôt un œil sur Pronskiy qui devrait tenter de prendre de l’avance en suivant les coups, mais je les vois difficilement peser sur la course.

« Je n’irais pas en Australie si je ne pensais pas pouvoir devenir champion du monde », voici ce que Van der Poel a déclaré il y a quelques jours. Après 2 mois loin des compétitions, le néerlandais est revenu en forme et en force en décrochant la victoire au sprint sur le GP de Wallonie.

Fer de lance de sa sélection, VdP sera l’un des hommes les plus observés lors de ces championnats du monde, à l’image d’un certain Van Aert. Et on le sait, lorsque ces deux-là sont alignés sur la même course, ils peuvent avoir cette fâcheuse tendance à se marquer et à se neutraliser. Un peu à l’image de l’année dernière où ce sont finalement leurs équipiers respectifs qui étaient sortis derrière Julian dans le final, pour finalement se jouer les places sur le podium. On peut légitimement se poser la question de la forme de Mathieu qui, malgré sa belle victoire il y a peu, pourrait tout de même manquer de compétition pour une course aussi longue. On s’était aussi posé la question lors de sa course de reprise en mars sur Milan – Sanremo, qu’il finira à la 3e place.

Les Pays-Bas compteront au moins deux autres atouts dans leur manche sur cette course. On peut citer Van Baarle tout d’abord : vainqueur de Paris-Roubaix et vice-champion du monde en 2021. Difficile de l’imaginer jouer la gagne dans la roue des grands favoris, mais dans une course débridée, il sera certainement la carte « échappée » de sa sélection. Avoir de l’avance serait sa meilleure chance de victoire et pourrait surtout permettre à VdP de rester sagement dans les roues au cas où un regroupement devait s’opérer.

Enfin, n’oublions pas le grand Bauke ! Le profil du parfait outsider sur ce type de courses, si un homme à les qualités nécessaires pour profiter d’un moment de flottement au sein du groupe des favoris pour placer une attaque, c’est bien Mollema. Il ne réalise certes pas une immense saison, mais il ne faudra pas lui laisser 20″ d’avance sous peine de ne probablement le revoir que sur le podium après la course.

La stratégie des Néerlandais reposera en grande partie sur la forme de Mathieu, mais on peut aisément imaginer que toute l’équipe ne roulera pas non plus à 100% pour lui, ce qui offrirait de facto une chance à certains équipiers.

La forme d’Almeida était grandissante sur la fin de La Vuelta, comme régulièrement en 3e semaine de Grand Tour pour lui. De quoi lui donner confiance à l’approche des championnats du monde, si les jambes répondent toujours. Malgré ses victoires et ses belles places, Joao a semblé moins tranchant que l’année dernière sur les arrivées punchy comme lors de ses victoires sur le Tour de Pologne et le Tour du Luxembourg. Les côtes sur le circuit de Wollongong ne lui conviennent probablement pas autant qu’elles lui auraient convenues l’année passée. En revanche, s’il parvient à sortir avec un groupe sans les immenses favoris, ses qualités de rouleurs pourraient lui permettre de rester au large, et il aura aussi confiance en sa pointe de vitesse pour espérer terminer le travail.

Tadej Pogacar va prendre part à ces championnats du Monde sur route qui sont, avec le Tour de Lombardie, ses derniers gros objectifs de la saison. On ne présente plus le double vainqueur du Tour, vainqueur d’Il Lombardia et de Liège – Bastogne -Liège en 2021, vainqueur après un numéro solo des Strade Bianche plus tôt cette année. Pogacar est un des coureurs les plus complets du peloton, le meilleur cycliste actuel.

Que ce soit sur une course d’un jour, d’une semaine ou 3 semaines, s’il s’est préparé pour un objectif il passe rarement à côté, ou de peu. Ce parcours difficile qui risque d’être animé assez tôt lui convient à merveille, lui qui tend à très bien performer sur les courses d’un jour de plus de 250km sur les deux dernières saisons. Visiblement fatigué après un Tour de France couru sans retenue, il a rassuré au Canada en remportant au sprint le GP de Montréal, devançant Van Aert (excusez du peu) et Bagioli. Cela prouve deux choses sur un parcours assez proche dans l’esprit de celui de dimanche : 1/ il est en forme, 2/ après une course difficile, il est capable de battre presque n’importe qui au sprint.

Le problème des slovènes réside dans l’absence de Roglic et Mohoric principalement, ils ne seront que 6 au départ. Si Tratnik et Polanc auront leur mot à dire, il ne faut pas se leurrer, Tadej sera bien leader unique et très surveillé. Il ne faudra pas se louper comme à Imola il y a deux ans, cela ne pardonnera pas. Mais une autre chose que nous avons appris en regardant le jeune prodige courir : il apprend et corrige ses erreurs très vite. Et si, afin d’éviter de se faire piéger, il décidait lui-même de tout faire exploser dans le Mount Pleasant sur les derniers tours de course ? Un demi peloton n’avait pas réussi à le ramener sur les Strade Bianche, s’il s’assure d’attaquer au moment où ses adversaires n’ont plus assez d’équipiers, il pourrait créer une sélection décisive.

Le trio en or sur le contre-la-montre par équipe Bissegger / Küng / Schmid sera aussi de la partie sur la course en ligne. J’écarte Bissegger pour qui la distance devrait être rédhibitoire.

L’argent sur le chrono individuel de Küng montre que sa forme est bonne et nous avons de plus pu voir cette année qu’il grimpe mieux que jamais ! Ses résultats sur les courses d’un jour longues et éreintantes cette année ont été impressionnants : 3e à Roubaix, 8e de l’Amstel et 5e du Ronde. Son manque de sprint le condamne à arriver seul s’il veut espérer s’imposer, mais malheureusement pour lui cela me semble impossible, car même si les « gros » décident de ne pas suivre son attaque, des seconds couteaux l’accompagneront très probablement.

Mauro Schmid présente lui des caractéristiques bien plus adaptées à ce parcours que ces deux équipiers cités plus haut. Bien sûr, à la pédale, très peu de chance qu’il joue à armes égales avec Van Aert -Pogacar et Van der Poel (mais qui le peu ?). Il devra comme beaucoup d’autres anticiper les grandes manœuvres et participer à rendre cette course dynamique. Peu de résultats probants sur les courses d’un jour jusqu’à sa 6e place sur le GP de Montréal il y a quelques jours où il règle le second groupe.

Sheffield aura fait énorme impression pour sa première année en World Tour, remportant une victoire sur la Ruta del Sol, mais aussi et surtout la Flèche Brabançonne. Ses récentes sorties montrent que sa forme est bonne entre sa deuxième place au Tour du Danemark, mais aussi sur sa performance sur le chrono individuel. En course pour une place sur le podium, une chute dans un virage aura mis fin à tous ses espoirs. Une chute qui semble sans gravité et de laquelle il aura eu une semaine pour se remettre. Si comme pour beaucoup passer le Mount Pleasant avec les meilleurs puncheurs pourrait s’avérer difficile, il sera une carte dans un scenario d’anticipation. Magnus pourrait être extrêmement revanchard, comme son équipier chez Ineos Ethan Hayter.

Powless a réalisé un très bon Tour de France cette année, malheureusement pas récompensé par une victoire. On se souvient aussi de sa victoire sur la Klasikoa l’an passé où il avait anticipé les grandes manœuvres. Les Etats-Unis n’ont pas le nombre pour contrôler la course à quelques moments que ce soit, en revanche, Powless possède l’expérience et les qualités pour en être acteur et peser sur la course. Si les jambes répondent, nul doute que nous le verrons se projeter à l’avant lui aussi.


Mes Choix

À quel type de course allons-nous assister ? Ce parcours appelle aux attaques, et la composition de certaines grosses nations laisse à penser que nous aurons effectivement de nombreux coups de fusils tirés. Pour cette raison, j’ai tendance à sortir de la course au titre des hommes comme Matthews, Girmay et probablement Hayter. Même s’ils parviennent à prendre de l’avance en échappée, la multitude d’attaques devrait avoir raison d’eux au final. Je ne vais pas tourner longtemps autour du pot, mon favori est Pogacar. Sa forme du moment est bonne, il ne devrait pas pouvoir être lâché à la pédale dans les difficultés et sa pointe de vitesse au terme d’une course longue et épuisante est excellente. Mais je n’exclus pas non plus une surprise sur ce parcours. Si les sprinters ont boudé (à raison) l’événement, ce n’est pas le cas des puncheurs. Et si la plupart d’entre eux n’ont aucune chance au sein du groupe des favoris, ils pourraient justement profiter d’un moment dans le final où les équipiers ne seront plus si présents et où les gros se regarderont et hésiteront certainement à faire l’effort de trop pour aller chercher un ou des coureurs pas vu comme étant « favori ». À ce jeu, l’équipe d’Italie me paraît être une des nations comptant beaucoup d’outsiders sortant du lot, et mon choix se porte en particulier vers Rota. Dans ce scenario outsider, Van Baarle me plaît aussi beaucoup. Auteur d’une très grande saison, il pourrait aussi profiter du fait que Mathieu attirera les regards pour refaire le même coup que l’année passée où il était allé chercher le podium.

  • Pogacar @ 4.60 (0.5%)
  • Rota @ 150 (0.1%)
    • Top 3 @ 40 (0.1%)
  • Van Baarle @ 60 (0.1%)
    • Top 3 @ 20 (0.1%)

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